Après mon premier accouchement, j’ai cru que la rééducation du périnée était une option, un peu comme la crème anti-vergetures : sympa si on a le temps. Puis j’ai éternué avec la poussette dans une main et un sac de courses dans l’autre, et j’ai compris. Voilà ce que j’aurais aimé savoir avant de pousser la porte du cabinet de ma sage-femme.
En résumé
- La rééducation se prescrit lors de la consultation postnatale, 6 à 8 semaines après l’accouchement.
- Elle se fait chez une sage-femme ou un masseur-kinésithérapeute, souvent sur une dizaine de séances.
- Après un accouchement, elle est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie (base Sécu), césarienne comprise.
- Méthodes possibles : manuelle, biofeedback avec sonde, électrostimulation, puis gainage et respiration.
- Pas d’abdos classiques ni de course avant d’avoir retrouvé un périnée tonique.
Le périnée, ce muscle dont on ne parle qu’après l’accouchement
Le périnée, c’est un ensemble de muscles et de tissus qui ferme le bas du bassin, entre le pubis et le coccyx. Il soutient la vessie, l’utérus et le rectum, il aide à rester continente et il participe au plaisir pendant les rapports. On ne le voit pas, on ne le sent pas beaucoup, et pourtant il travaille toute la journée.
Pendant neuf mois, il porte le poids du bébé, de l’utérus et du liquide amniotique. Au moment de la naissance, il s’étire énormément, et parfois il se déchire ou on pratique une épisiotomie. Même après une césarienne, il a encaissé la grossesse entière. Pas étonnant qu’il ait besoin d’un petit coup de main pour retrouver sa tonicité.
Les signes qu’il est un peu fatigué sont assez parlants : petites fuites quand on tousse, qu’on rit ou qu’on court, difficulté à retenir les gaz, sensation de pesanteur dans le vagin en fin de journée, douleurs pendant les rapports. Chez moi, c’était surtout les fuites à l’effort. Rien de dramatique, mais franchement pénible quand on a un enfant qui réclame qu’on joue à chat dans le parc.
Quand commencer la rééducation du périnée après l’accouchement ?
On ne commence pas la rééducation du périnée à la maternité. Les tissus ont besoin de cicatriser, et le corps fait déjà une partie du travail tout seul pendant les premières semaines. Le point de départ, c’est la consultation postnatale, à faire dans les 6 à 8 semaines qui suivent la naissance, chez le médecin, le gynécologue ou la sage-femme.
C’est pendant ce rendez-vous que le professionnel évalue la tonicité du périnée (un examen rapide, sans douleur) et prescrit des séances si besoin. Comme l’explique la page de l’Assurance Maladie sur le retour à la maison après l’accouchement, on prend ensuite rendez-vous chez une sage-femme ou un masseur-kinésithérapeute.
Mon conseil de maman : ne tardez pas trop à appeler. Dans certaines villes, les créneaux des sages-femmes et des kinés spécialisés partent vite. Pour mon deuxième, j’ai pris rendez-vous dès la sortie de la consultation postnatale, et j’ai quand même attendu trois semaines.
Et si l’accouchement date de plusieurs mois, voire plusieurs années ? Il n’est jamais trop tard pour en parler. Des fuites qui apparaissent longtemps après, ou pendant une reprise sportive, méritent aussi une consultation.
Comment se passe une séance de rééducation du périnée ?
La première séance commence souvent par une discussion : comment s’est passé l’accouchement, quels sont les symptômes, comment ça se passe aux toilettes, est-ce que les rapports ont repris. Ça peut sembler intime, mais les sages-femmes ont tout entendu, et on se détend vite.
Ensuite vient un bilan : la praticienne évalue la force et l’endurance du périnée par un toucher vaginal, en vous demandant de contracter puis de relâcher. Beaucoup de femmes découvrent à ce moment-là qu’elles poussent au lieu de serrer. C’était mon cas, et j’étais sûre de faire correctement depuis des semaines.
Les séances suivantes durent en général une trentaine de minutes. On apprend à repérer le bon muscle, à le contracter au bon moment (par exemple avant d’éternuer ou de soulever le cosy), puis à travailler en force et en endurance. On y parle aussi de posture, de respiration et de la façon de porter bébé sans tout faire peser sur le bas du ventre.
Entre deux rendez-vous, on a des petits exercices à faire à la maison. Pas besoin de tapis ni de tenue de sport : ça se fait assise sur une chaise, en attendant que les pâtes cuisent.
Les méthodes de rééducation du périnée : manuelle, sonde, biofeedback
Il n’existe pas une seule façon de faire. Selon le bilan et les préférences de chacune, la sage-femme ou le kiné pourra proposer :
- la rééducation manuelle : la praticienne guide les contractions avec ses doigts et vous aide à sentir ce qui se passe ;
- le biofeedback : une sonde vaginale reliée à un écran montre en direct la contraction sous forme de courbe, pratique pour visualiser ses progrès ;
- l’électrostimulation : de légers courants font travailler le muscle quand on a du mal à le sentir soi-même ;
- les exercices de respiration et de gainage profond, qui prennent le relais quand le périnée a retrouvé ses bases.
Pour les méthodes avec sonde, il faut en général acheter une sonde personnelle en pharmacie, sur ordonnance. Si l’idée vous met mal à l’aise, dites-le : la rééducation manuelle fonctionne aussi très bien. Moi, j’ai adoré le biofeedback. Voir la courbe monter m’a davantage motivée que n’importe quel discours.
Ce qu’on vous dira sans doute aussi : l’exercice du « stop pipi » (couper le jet d’urine) n’est pas à faire en routine, il peut perturber la vidange de la vessie. Il sert au mieux de test ponctuel pour repérer le muscle.
Rééducation du périnée : remboursement et nombre de séances
Bonne nouvelle pour le porte-monnaie : après un accouchement, la rééducation périnéale prescrite est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, sur la base des tarifs conventionnels. Ça concerne aussi bien un accouchement par voie basse qu’une césarienne.
| Question | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|
| Qui prescrit ? | Le médecin, le gynécologue ou la sage-femme, lors de la consultation postnatale |
| Qui pratique ? | Une sage-femme ou un masseur-kinésithérapeute |
| Combien de séances ? | Souvent une dizaine, à adapter selon le bilan |
| Remboursement | 100 % sur la base des tarifs de la Sécurité sociale (attention aux dépassements éventuels) |
Si vous avez encore besoin de séances après la première série, la praticienne fait un point avec vous et, si nécessaire, une nouvelle prescription est possible. Et pensez à demander si le cabinet pratique des dépassements d’honoraires avant le premier rendez-vous, ça évite les surprises.
Ce que la rééducation du périnée a changé pour moi
Je ne vais pas vous mentir : les premières séances, j’y allais en traînant les pieds, avec le bébé dans le cosy et la sensation d’avoir mille choses plus urgentes à faire. Mais au bout de quelques semaines, j’ai recommencé à courir après mon aîné sans réfléchir à ma vessie. Et quelle liberté.
La vraie règle, c’est de remettre le périnée en forme avant de reprendre les abdos classiques, la course ou les sports à impact. Les crunchs trop tôt poussent vers le bas, exactement là où ça ne va pas. Votre sage-femme ou votre kiné vous dira quand vous pouvez y aller.
Et si vous avez des fuites, une sensation de boule dans le vagin ou des douleurs qui persistent, même après la rééducation, parlez-en à votre médecin ou à votre sage-femme. Ce n’est pas « normal après un bébé », ça se prend en charge.
Et vous, votre rééducation du périnée, plutôt sonde, manuelle ou pas encore commencée ? Racontez-moi en commentaire, ça peut rassurer celles qui hésitent encore à prendre rendez-vous.



