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Asimine : le fruit au goût de banane-mangue qui pousse en France

La première fois qu’on m’a tendu une asimine, sur un marché de producteurs en plein mois d’octobre, j’ai cru à une grosse mangue pas mûre. Le vendeur l’a ouverte devant moi, m’a donné une cuillère, et j’ai goûté une chair crémeuse entre la banane et la mangue, avec un petit côté vanillé. Mes enfants, d’abord méfiants devant ce fruit vert tout cabossé, ont fini par se disputer la dernière bouchée. Depuis, je guette la saison chaque automne.

En résumé

  • L’asimine est le fruit de l’asiminier trilobé (Asimina triloba), un arbre originaire de l’est de l’Amérique du Nord, appelé pawpaw en anglais.
  • Son goût évoque un mélange de banane et de mangue, avec une chair crémeuse qui se mange à la cuillère.
  • En France, la récolte a lieu de mi-septembre à octobre ; le fruit, très fragile, se trouve surtout chez des producteurs, sur les marchés ou au jardin.
  • On ne mange ni la peau ni les graines : les graines contiennent des acétogénines, des substances neurotoxiques, et ne doivent jamais être croquées.
  • L’arbre résiste à des froids d’environ -25 °C et pousse bien dans une grande partie de la France, mais il faut idéalement deux variétés pour avoir des fruits.

L’asimine, c’est quoi exactement ?

L’asimine est le fruit de l’asiminier trilobé, Asimina triloba de son nom botanique. C’est un petit arbre qui pousse à l’état sauvage dans l’est de l’Amérique du Nord, du sud du Canada jusqu’à la Floride. Les Américains l’appellent pawpaw, et il fait partie de la même famille que le corossol ou la chérimole, des fruits tropicaux, alors que lui supporte très bien les hivers froids.

Le fruit ressemble à une petite mangue allongée ou à une grosse fève : il mesure en général de 5 à 15 cm, pousse parfois en grappes de deux à cinq, et sa peau passe du vert au vert jaunâtre en mûrissant. À l’intérieur, une chair jaune pâle à orangée, très tendre, et deux rangées de grosses graines brunes et plates. On le surnomme parfois « banane du Nord » ou « banane des Indiens », ce qui dit déjà beaucoup de son goût.

Pour ceux qui aiment les fiches botaniques, la page consacrée à l’asiminier trilobé sur Wikipédia est une bonne base, avec son aire d’origine et sa description détaillée.

Quel goût a l’asimine ?

C’est la question que tout le monde pose, et la réponse fait toujours sourire : l’asimine a un goût de fruit exotique alors qu’elle pousse sous nos latitudes. La chair est dense et fondante, un peu comme une crème pâtissière, avec des notes de banane, de mangue, parfois d’ananas ou de melon selon les variétés et la maturité.

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Chez nous, mon fils la compare à « un flan à la banane », ma fille lui trouve un goût de mangue, et mon conjoint reste perplexe devant la texture. Les avis varient, et c’est normal : un fruit cueilli trop tôt reste fade et un peu âpre, tandis qu’un fruit trop mûr développe un parfum très fort, presque fermenté. Le bon moment se situe entre les deux, quand le fruit cède légèrement sous le doigt, comme un avocat prêt à manger, et qu’il dégage une odeur sucrée.

Saison de l’asimine et où en trouver en France

La saison est courte : en France, les asimines mûrissent entre la mi-septembre et la fin octobre, selon les régions et les variétés. Comme elles sont très fragiles et se gardent peu, on ne les trouve presque jamais en supermarché. Il faut les chercher ailleurs :

  • Chez des producteurs et sur les marchés, surtout dans l’Ouest et le Sud-Ouest, où quelques vergers se sont lancés.
  • Dans certaines pépinières spécialisées en fruitiers rares, qui vendent parfois leurs fruits à l’automne en plus des plants.
  • Lors de fêtes des plantes ou de bourses aux fruits d’automne, où les amateurs partagent leurs récoltes.
  • Au jardin d’un voisin ou d’un ami, ce qui reste souvent la meilleure option.

Une asimine mûre se garde environ deux à trois jours à température ambiante et jusqu’à une semaine au réfrigérateur. Si vous l’achetez encore ferme, laissez-la mûrir quelques jours dans une corbeille. La peau peut noircir par endroits sans que la chair soit abîmée, un peu comme une banane.

Comment manger l’asimine (et ce qu’il ne faut pas manger)

La façon la plus simple est aussi ma préférée : on coupe le fruit en deux dans la longueur et on déguste la chair à la petite cuillère, en écartant les graines. Il existe aussi des façons de la cuisiner :

  • En smoothie, avec un yaourt et un peu de citron pour éviter qu’elle ne s’oxyde.
  • En glace ou en sorbet : sa texture crémeuse s’y prête parfaitement, et c’est d’ailleurs l’usage le plus répandu aux États-Unis.
  • En purée sur un fromage blanc, un porridge ou une crêpe au goûter.
  • Dans un cake ou des muffins, en remplacement de la banane écrasée, à condition de cuire doucement : une longue cuisson fait perdre une partie de son parfum.
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Deux règles de sécurité, en revanche, à connaître avant de tendre une cuillère aux enfants. La peau et les graines ne se mangent pas. Les graines contiennent des acétogénines, dont l’annonacine, des substances considérées comme neurotoxiques : avalée entière par mégarde, une graine ne pose en général pas de souci, mais il ne faut surtout pas la croquer ni la mixer. Je retire donc toujours les graines avant de passer la chair au blender. La peau, elle, peut irriter la bouche et la peau de certaines personnes sensibles.

Certaines personnes digèrent aussi mal le fruit et ressentent des nausées ou des maux de ventre. Pour une première fois, je conseille de goûter une petite quantité, et de rester raisonnable ensuite : une asimine au goûter, pas quatre. En cas de symptômes inhabituels après en avoir mangé, on demande conseil à un médecin ou au centre antipoison.

Planter un asiminier au jardin pour récolter ses asimines

C’est là que l’asimine devient vraiment intéressante pour nous, jardiniers du dimanche. L’asiminier est un arbre rustique, qui supporte des froids d’environ -25 °C, et il reste raisonnable en taille : 3 à 6 mètres en culture, même s’il peut grandir davantage à l’état sauvage. Quelques repères pour se lancer :

  • Exposition : soleil ou mi-ombre, à l’abri du vent. Les jeunes plants apprécient un peu d’ombre les premières années.
  • Sol : frais, profond, légèrement acide à neutre, surtout pas détrempé l’hiver.
  • Pollinisation : la plupart des variétés ont besoin d’un partenaire. Planter deux variétés différentes augmente nettement les chances de récolte.
  • Patience : un plant greffé donne souvent ses premiers fruits au bout de 3 à 5 ans, un semis peut demander plusieurs années de plus.
  • Arrosage : régulier les premiers étés, car ses racines n’aiment pas le sec.

Autre avantage, l’asiminier est peu sujet aux maladies en France et ses grandes feuilles prennent une belle couleur jaune d’or à l’automne. Même sans fruits la première année, il a fière allure au fond du jardin.

L’asimine, mon coup de cœur d’automne

L’asimine a tout du fruit exotique, sauf qu’elle pousse tranquillement dans nos jardins et nos vergers de l’Ouest. Il faut juste la chercher au bon moment, entre la mi-septembre et octobre, la manger bien mûre, et penser à mettre de côté la peau et les graines. Vous avez déjà goûté l’asimine, ou vous avez un asiminier chez vous ? Racontez-moi en commentaire vos astuces et vos adresses, ça aidera les curieux qui cherchent encore où en trouver.