Quand ma grand-mère a commencé à trébucher un peu trop souvent dans son couloir, sa kiné a parlé d’un examen que je ne connaissais pas : le test de Tinetti. Curieuse de nature, j’ai voulu comprendre de quoi il retournait, et j’ai trouvé ça tellement clair et utile que je vous partage tout ici, en mots simples.
En résumé
- Le test de Tinetti, aussi appelé POMA, évalue l’équilibre et la marche pour estimer le risque de chute, surtout chez la personne âgée.
- Il se compose de deux parties : l’équilibre, noté sur 16, et la marche, notée sur 12.
- Le score total va jusqu’à 28 points : plus il est bas, plus le risque de chute est élevé.
- Il est réalisé par un professionnel de santé, souvent un kiné, un médecin ou un ergothérapeute.
- Il sert à repérer une fragilité et à orienter vers des mesures de prévention adaptées.
Qu’est-ce que le test de Tinetti ?
Le test de Tinetti est une échelle clinique standardisée qui sert à évaluer la stabilité posturale, l’équilibre et la marche d’une personne. Son objectif principal : estimer le risque de chute, en particulier chez les seniors. On le retrouve souvent sous son nom anglais, POMA, pour Performance-Oriented Mobility Assessment.
Ce qui m’a plu quand je l’ai découvert, c’est son côté concret. Pas de machine impressionnante, pas de prise de sang. Le soignant observe simplement la personne pendant qu’elle réalise des gestes du quotidien : s’asseoir, se lever, rester debout, faire quelques pas, se retourner. Chaque geste est noté selon une grille précise. Mis au point par la gériatre Mary Tinetti dans les années 1980, cet outil est aujourd’hui utilisé partout dans le monde pour sa simplicité et sa fiabilité.
Autrement dit, derrière un nom un peu savant se cache un examen tout doux, sans stress, que ma grand-mère a passé en une quinzaine de minutes dans son salon.
Les deux parties du test de Tinetti : équilibre et marche
Le test de Tinetti se divise en deux grandes sections complémentaires, et c’est justement cette double lecture qui le rend intéressant. On ne regarde pas seulement si la personne tient debout, mais aussi comment elle se déplace.
La partie équilibre observe des situations statiques ou de transition. Le soignant regarde par exemple la position assise, le passage de la position assise à debout, le maintien debout, la stabilité quand on ferme les yeux, la capacité à se retourner ou la réaction à une légère poussée. Chaque item raconte quelque chose sur la solidité de la posture.
La partie marche analyse le déplacement sur un court trajet, souvent autour de 4,5 mètres, avec un demi-tour et un retour. On observe la longueur et la hauteur des pas, la symétrie entre les deux jambes, la continuité du mouvement, la trajectoire et la posture générale. C’est fou tout ce qu’un œil entraîné peut lire dans quelques pas.
Comment se calcule le score du test de Tinetti sur 28
Le calcul du score du test de Tinetti est d’une logique limpide, ce qui aide à s’y retrouver. Chaque item est noté de 0 à 2 :
- 0 traduit une incapacité ou une anomalie nette.
- 1 correspond à une réalisation possible mais modifiée ou adaptée.
- 2 signale une exécution normale.
On additionne ensuite les points des deux sections. La partie équilibre est notée sur 16 points, la partie marche sur 12 points. En les cumulant, on obtient le fameux score global sur 28. Plus le total est élevé, plus l’équilibre et la marche sont jugés sûrs. À l’inverse, un score bas signale une fragilité et un risque de chute plus important. Ce chiffre unique a l’avantage d’être facile à suivre dans le temps, d’un rendez-vous à l’autre.
Comment interpréter le résultat du test de Tinetti
L’interprétation du résultat du test de Tinetti repose sur des seuils indicatifs, à lire toujours avec le regard du professionnel. De façon générale, la lecture ressemble à ceci :
- Score inférieur ou égal à 19 : risque de chute élevé, une prise en charge prioritaire est souvent recommandée.
- Score entre 19 et 23 : risque de chute avéré, avec un intérêt à mettre en place des mesures de prévention actives.
- Score de 24 ou plus : risque plus faible, même si la vigilance reste de mise chez une personne âgée.
Je tiens à préciser un point qui me semble essentiel : ces seuils ne posent pas un diagnostic à eux seuls. Le résultat s’interprète en fonction de l’ensemble de la situation de la personne, de son histoire, de ses traitements et de son environnement. C’est le professionnel de santé qui met tout cela en perspective. Vous pouvez consulter la grille officielle du test de Tinetti publiée par l’INAMI pour voir à quoi ressemble concrètement la fiche d’évaluation.
Qui fait passer le test de Tinetti et à quel moment
On me demande souvent qui est habilité à faire passer le test de Tinetti. La réponse, c’est un professionnel de santé formé à cet outil : le plus souvent un kinésithérapeute, mais aussi un médecin, un gériatre ou un ergothérapeute. Chez ma grand-mère, c’est sa kiné qui s’en est chargée, dans le cadre d’un bilan plus global.
Quant au moment, il intervient souvent après une première chute, en cas de peur de tomber, quand la marche devient hésitante, ou lors d’un bilan de prévention chez une personne âgée. Il peut aussi être répété régulièrement pour suivre l’évolution, par exemple après le début d’une rééducation. L’idée n’est jamais d’étiqueter la personne, mais de prendre les devants avant qu’un accident n’arrive.
À quoi sert vraiment le test de Tinetti au quotidien
Au-delà du chiffre, ce que j’ai retenu, c’est l’utilité très concrète du test de Tinetti dans la vie de tous les jours. Une chute chez une personne âgée n’est jamais anodine : elle peut entraîner une fracture, une perte d’autonomie et une véritable perte de confiance.
Le test permet de repérer tôt les personnes fragiles et d’orienter vers des solutions ciblées : exercices de renforcement et d’équilibre, adaptation du logement, révision de certains traitements, chaussage adapté ou aide à la marche. Dans le cas de ma grand-mère, le bilan a débouché sur quelques séances de kiné et l’installation de barres d’appui dans la salle de bain. Rien de spectaculaire, mais des gestes de prévention qui rassurent toute la famille. Pour aller plus loin sur ce sujet, la fiche chute de la personne âgée sur Wikipédia donne un bon aperçu des enjeux.
FAQ
Le test de Tinetti est-il douloureux ?
Pas du tout. Il repose uniquement sur l’observation de gestes simples comme se lever, marcher ou se retourner. Il n’y a ni piqûre ni appareil contraignant, et il dure une quinzaine de minutes.
Quelle est la différence entre le test de Tinetti et le POMA ?
Aucune, ce sont deux noms pour le même outil. POMA est l’acronyme anglais de Performance-Oriented Mobility Assessment, la désignation d’origine de l’échelle mise au point par Mary Tinetti.
À partir de quel score faut-il s’inquiéter ?
Un score inférieur ou égal à 19 sur 28 traduit un risque de chute élevé. Mais seul le professionnel qui réalise le test peut interpréter le résultat au regard de la situation globale de la personne.
Peut-on améliorer son score au test de Tinetti ?
Oui, souvent. Des exercices de renforcement musculaire et d’équilibre, encadrés par un kiné, peuvent faire progresser la stabilité et la marche, et donc le score lors d’un nouveau test.
Le test de Tinetti concerne-t-il seulement les personnes âgées ?
Il est surtout utilisé chez les seniors, car c’est là que le risque de chute est le plus fréquent. Il peut cependant servir chez des personnes plus jeunes présentant des troubles de l’équilibre ou de la marche.
En conclusion
Le test de Tinetti est un outil simple et rassurant, qui permet d’agir tôt pour préserver l’autonomie de nos aînés. Si un proche marche moins sûrement ou a déjà chuté, n’hésitez pas à en parler à son médecin ou à un kinésithérapeute : ce sont eux qui pourront réaliser le bilan et proposer les bonnes mesures.



